Ouvrage publié
par DUNOD

L'AUTEUR

Pierre Fayard
Cécile Delamarre est chercheur et praticienne en psychomotricité fonctionnelle, consultante dans les unités spécifiques et formatrice en communication non verbale.

20 mars 2016

Oser entendre et parler en "dément" !

Les aînés qui présentent des troubles cognitifs nous parlent très souvent : ils nous expriment bien des choses !

Le malheur étant que nous ne les comprenons pas...

Prenez cette dame, entrée en établissement depuis des mois, et qui - soudainement et chaque soir - nous dit, en montrant sa montre, qu'elle est en retard, que son mari l'attend et qu'il va s'inquiéter de ne pas la voir rentrer...

Nous savons que son époux est décédé, mais sommes nous les seuls à le savoir ?

 

Certains essayeront d'expliquer à cette dame que son mari est mort et ne peut donc l'attendre : elle n'en aura cure et s'agitera d'autant plus.

D'autres, dans la lignée de Naomi Feil, "entreront dans son jeu" et lui diront je ne sais quoi, genre : son mari l'attend effectivement mais qu'il n'est pas d'un naturel inquiet...

(ou d'autres fables de ce genre : juste que je ne suis pas assez créative ni assez manipulatrice pour les imaginer)

Tout cela parce que nous partons toujours du même principe : vu que nous ne comprenons pas ce que la personne nous exprime, alors ses propos ne peuvent qu'être aberrants et vides de sens !

En appui sur notre totale incompétence à entendre ce qu'elles cherchent à nous dire, nous sommes convaincus que ces personnes racontent n'importe quoi !

 

Et si, avec ses mots, cette dame nous exprimait simplement le manque de son époux, de sa présence physique, de son amour pour elle ?

De sa tristesse de l'avoir perdu ?

Ou encore de son manque de relation affective et physique (le contact peau à peau) et sexuelle ?

Qu'en savons-nous vu que nous considérons ses paroles comme du vent ?

Nous sommes-nous simplement posés près d'elle pour lui demander : "Votre mari vous manque ?"

 

Que dire d'une autre dame qui veut sortir pour aller rechercher ses enfants à leur sortie de l'école ?

Pensez-vous un seul instant qu'elle ne sait pas que ses enfants, qui viennent la visiter régulièrement, soient devenus des adultes ?

Pensez-vous un seul instant qu'elle ignore que ses enfants vivent des situations difficiles mais qu'ils les lui cachent pour ne pas l'inquiéter ?

Pensez-vous un seul instant que même malade, cette mère n'a pas une profonde envie d'être là pour soutenir ses enfants et les aider quand ils galèrent ?

Nous sommes-nous simplement posés près d'elle pour lui demander : "Vous sentez que vos enfants sont inquiets ? Est-ce que ça vous manque d'être là pour eux et de les soutenir ? Comment vivez-vous l'inversion des rôles (vos enfants qui deviennent vos parents) ?" *

 

A tous les soignants qui accompagnent ces aînés, je n'ai qu'un seul désir : leur envoyer cette image =)

Winnie-ourson

Et leur dire ce que Winnie répète sans cesse : "Pense - Pense - Pense !"

 

 

 

"Déments" mais pas cons !

Pensez-vous que face à notre ignorance, eux ignorent que nous les baladons quand nous "entrons" dans ce que nous considérons être leurs "délires" ?

Nous sommes en principe des professionnels formés pour accompagner ces aînés !

Que nous nous sentions démunis face à leurs paroles, qui ne sont JAMAIS vides de sens, c'est compréhensible !

Et si nous acceptons que ces aînés, avec leurs mots, ont encore bien des choses à nous dire, peut-être serons-nous désireux d'appendre à les entendre et à parler comme eux !

 

* C'est un sujet ouvert à d'amples discussions !

12 novembre 2015

Et si la "démence" sauvegardait les racines de notre humanité ?

Toutes les personnes qui côtoient régulièrement les aînés atteints pas la "maladie d'Alzheimer" savent une chose : ils lisent en nous comme dans un livre ouvert !

Je me souviens d'un jour où, tracassée par un problème personnel, je suis entrée dans l'unité "spécialisée" où je bossais comme cadre de santé.
Par respect, je prenais le temps d'aller saluer chaque personne présente.
En me penchant vers l'une d'elles pour l'embrasser, elle me regarde et me dit : "Ne t'inquiètes pas, tout va s'arranger"
...

Il y a dans la "démence" une forme d'intelligence forte qui prend le pas sur le cognitif : une intelligence humaine, empathique, où l'absence de mots permet de tout entendre et de tout comprendre.
Où, justement, il n'y a pas besoin de mots pour savoir écouter !

J'ai travaillé pendant des années avec des enfants qui présentaient un déficit intellectuel sévère et qui étaient victimes d'agressions sexuelles : victimes de choix pour leurs agresseurs vu que leur déficit invalidait totalement leur "parole" aux yeux de la loi !
Et je me suis alors posée la question suivante, indépendamment de tout processus pénal : il y a d'un côté des enfants victimes d'agressions abjectes mais qui ne peuvent les verbaliser et, de l'autre côté, des adultes empathiques qui n'ont pas besoin de passer par le langage verbal pour entendre et comprendre ce que l'autre - qui ne parle pas - vit et ressent.
Dès lors, pourquoi ne pas demander aux seconds d’accueillir les premiers ?
Pourquoi ne pas inviter ces aînés à être là, présents à ces enfants, avec ces magnifiques facultés que leur procure leur "maladie" ?
Il y a une richesse humaine extraordinaire dans la "démence" qui est totalement disqualifiée et gaspillée !

Pourquoi ne pas proposer que des "malades" d'Alzheimer puissent accueillir des personnes qui ne parviennent pas à nommer les outrages et humiliations qu'elles ont dû subir ?
Sans pouvoir se faire entendre derrière leur silence, sans le moindre signe d'écoute ni de compassion...
Face à la froide raison, il existe un monde chaud d'accueil : pourquoi le jeter aux orties sous couvert de "maladie" ?
Dans quel monde choisissons-nous de vivre ?

Je veux croire et je promeus un accompagnement digne du monde dans lequel je choisis de vivre !

Voir ICI, y compris sur le plan éthique qui, même dans l'ambiance actuelle, est le seul garant du fait que chacun de nous EST une dignité !

 

P.S.
Et pendant ce temps-là, bon nombre de "malades d'Alzheimer" déclinent et meurent de se sentir décrépits et inutiles...


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Mes paroles et pas mal de ma musique : la "démence" m'a souvent donné l'envie de danser =) 

Géraldine Cozier - La première porte - Terre des hommes  (Plus d'infos sur cet album)

 "Mots mo pas con causés, coté to été ?" - En Mauricien : "Les mots ne parlent plus, où es-tu ?"

 

05 juillet 2015

Quand les soins transforment une maladie en une tenaille qui ne vous lâche plus !

- Jardin thérapeutique

- Art-thérapie

- Zoothérapie*

- Cuisine thérapeutique

- et j'en passe ...

Alors qu'il n'est question que de plaisirs simples, pourquoi y adjoindre systématiquement le mot "thérapie", enfermant ainsi sans cesse la personne dans la pièce de la maladie ?

Serait-ce simplement pour une question de budget et/ou de subvention ?
Quelle valeur donnons-nous à l'argent dans ce cas ?

Et acculer sans cesse les aînés à se voir et se vivre malades là où il pourrait n'y avoir que des temps de plaisir et de partage, est-ce bien thérapeutique ?

Sans oublier que ces tenailles implacables se donneront en plus le titre de "bientraitance" ^^

 

* Quand une personne se promène avec son chien dans la rue, c'est un passant, mais il lui suffit de promener son chien dans un EHPAD pour devenir "zoothérapeute" =)

 

12 mars 2015

Le Parcours de Santé des aînés

Nous continuons de développer de nouveaux logiciels visant à PRENDRE SOIN des aînés qui présentent des troubles cognitifs.

Notre dernier-né : Comès, dédié au Parcours de Santé des aînés.

Il répond aux attentes du programme PAERPA.

Il permet de :

  • Personnaliser l'accompagnement d'une personne dès la première prise en soin.
  • Mettre en place le Plan Personnalisé de Santé (PPS)
  • Tracer toutes les étapes de son Parcours de santé.
  • Poser les bases d'une démarche 100% transversale et coordonnée entre tous les acteurs de l'accompagnement.

 

Logo-txt

Voir Comès

Télécharger la documentation

 

26 novembre 2014

Remue-méninge

Deux articles : un coup de gueule et une invitation à penser en dehors des sentiers battus =)

"L'autonomie des résidents ne m'intéresse pas parce qu'elle me fait perdre de l'argent..."

"Dépendance, quand tu nous tiens !"

 

Et une invitation à découvrir la FNAPAEF (Fédération Nationale des Associations et des Amis des Personnes Agées et de leurs Familles) et ses actions.

 

09 février 2014

PRENDRE SOIN des personnes aphasiques !

J'ai le plaisir de vous présenter le fruit de mes derniers travaux en R&D :-)

 

EDES

 

6 logiciels pour

PRENDRE SOIN des personnes aphasiques

présentant - ou pas - des troubles cognitifs

 

www.edes-nv.fr

  Télécharger la documentation

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14 février 2013

Jeu de piste ^^

Je vous invite à visiter mon site www.ceciledelamarre.fr

Une proposition vous attend sur la page "Trousses" -> "Info importante !"

19 octobre 2012

Dogme

Un dogme : du grec δόγμα dogma : « opinion » et Dogme, δοκέω dokéô : « paraître, penser, croire » est une affirmation considérée
comme fondamentale, incontestable et intangible par une autorité politique, philosophique ou religieuse qui emploiera dans certains
cas la force pour l'imposer (voir Wikipédia). 
Existe-il des dogmes relatifs à la Maladie d'Alzheimer ou apparentée, et si oui : lesquels à votre avis ?

Commentaires

Il y a une floppée de commentaires sur mon blog qui sont des pirates 'effractifs" mais bien organisés : je ne parviens pas à les effacer...

SVP, prenez-les pour ce qu'ils sont : des actes à visée "agentielle", et peu importe les moyens de s'imposer et faire effraction, je vous laisse les juger ;)

17 octobre 2011

C'est la faute à Benzo !

Que d'articles sur les méfaits supposés des benzodiazépines (anxiolytiques & anti-dépresseurs) comme causes de la maladie d'Alzheimer... !

Dans ce livre, j'émets l'hypothèse que les situations qui éveillent en nous un sentiment d'impuissance, la perte de l'estime de soi ou encore un deuil non résolu, peuvent générer une 'usure' des voies neuronales impliquées dans la maladie d'Alzheimer ou maladies apparentées.

Être dans une situation qui ne nous correspond pas, à tel point qu'elle finit par éveiller en nous anxiété ou état dépressif...

A quoi servent les benzos données sur le long terme, sinon à aider les personnes à rester dans des situations qui ne leur correspondent pas sans plus (trop) en ressentir l'inconfort ?

Question : sont-ce les benzos qui seraient "à l'origine" de la MA, ou le fait qu'elles aident à rester dans des situations où la personne qui les prend est bien loin de pouvoir être fidèle à elle-même ?

Notre société, avec tous les modèles qu'elle impose, serait-elle génocidaire ?

Quoi qu'il en soit : si les benzodiazépines sont à leur tour diabolisées, c'est tout bénef' pour la sécu ;)